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Unité Expérimentale Entomologie et Forêt Méditerranéenne

Site de l'Unité Expérimentale Entomologie et Forêt Méditerranéenne

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© Ecophyto
Suivre la phénologie de la processionnaire du pin par des pièges automatisés
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La processionnaire du pin est un insecte inféodé aux pins, cèdres et douglas qui constitue un important problème de santé publique. Pendant plusieurs années, des traitements étaient utilisés par voie aérienne et épandues sur de grandes surfaces forestières. Ces épandages aériens, réalisés essentiellement en forêt urbaine et périurbaine de loisir, ont ensuite été poursuivis avec la bactérie Bacillus thuringiensis kurstaki (Btk) et ont progressivement pris de plus en plus d’importance au cours des années 1990 et 2000 (Pauly, 2006). L’usage d’hélicoptères ayant été fortement réglementé depuis 2009 (Directive 2009/128/CE), de nouvelles méthodes de luttes ont été développées notamment par l’Unité expérimentale Entomologie et Forêt Méditerranéenne (UEFM). Plusieurs méthodes ont été mises au point pour contrôler différents stades de l’insecte (chenilles et adultes). Combinées, elles permettent de contrôler les populations de processionnaire et apporte des solutions aux citoyens confrontées à ce ravageur. Cependant, de nombreux cas d’échecs à l’utilisation de ces méthodes sont observés. Une étude (Projet Ecophyto Alterpro - Martin et al, 2011-2014) a montré qu’ils sont généralement liés à une mauvaise synchronisation entre la présence du stade cible de l’insecte et les périodes de pose des dispositifs de régulation.

Depuis le milieu des années 2000, l’INRA, le Département Santé des Forêts (DSF) et les Fédérations REgionales de lutte et Défense contre les Organismes Nuisibles (FREDON) observent des phénologies erratiques qui apparaissent imputables au changement climatique (augmentation de la fréquence des automnes et des hivers exceptionnellement doux). Elles se traduisent par un allongement de la période à risque majeure (processions de nymphose) et par une plus grande difficulté à mettre en œuvre au bon moment les méthodes de lutte disponibles tout au long du cycle biologique. Une meilleure connaissance de ces changements est donc essentielle pour une gestion de ce ravageur durable et respectueuse de l’environnement.

Pour étudier la phénologie de la processionnaire du pin, des méthodes de monitoring à l’aide de pièges phéromonaux ont été développées par l’INRA. Ces méthodes bien qu’efficaces sont trop consommatrices en ressources humaines pour permettre un suivi à un pas de temps fin et être déployées à grande échelle. De nouvelles méthodes basées sur des pièges automatisés émergent et, si elles s’avéraient opérationnelles sur cette espèce, pourraient être mises en œuvre par une large gamme d’utilisateurs, ouvrant la possibilité de constituer un réseau de collecte de données à l’échelle nationale. Trois systèmes de piégeage d’adultes, deux déjà commercialisés et un en voie de passage en phase industrielle, seront testés dans le cadre de ce projet au cours d’une saison de vol sur deux sites climatiquement et écologiquement différenciés.

L’objectif est de comparer les avantages et limites de ces différents pièges afin de savoir lequel serait en l’état actuel le plus adapté au monitoring de la processionnaire du pin (facilité de mise en œuvre, autonomie sur le terrain, degré de saturation, taux de faux-positifs et de faux-négatifs, …). En ce qui concerne le piège développé par une Très Petite Entreprise (TPE) francilienne et non encore commercialisé, il s’agira d’interagir avec cette entreprise (Agrotic – Cap2020) pour proposer d’éventuelles améliorations. Ce projet permettra à terme de développer un réseau d’utilisateurs via les collectivités avec un double but : (1) optimiser la lutte contre la processionnaire et (2) obtenir des données de phénologie à grande échelle. Ces données issues de sciences participatives permettront de développer un modèle de prédiction de la phénologie de ce ravageur et de préconisation des dates de lutte. Cette étude aura pour valeur d’exemple pour le suivi d’autres Lépidoptères ravageurs des zones JEVI ou agricoles.

 

Bibliographie : Pauly (2006). Bilan des traitements effectués contre la chenille processionnaire du pin. Bilan de la santé des forêts en 2005, ministère de l’Agriculture. http://agriculture.gouv.fr/archives