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Unité Expérimentale Entomologie et Forêt Méditerranéenne

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Biocontrôle de Paysandisia archon ravageur des palmiers

Paysandisia archon
© JC Martin
Un programme régional pour mettre au point une stratégie de biocontrôle de Paysandisia archon à l’aide de parasitoïdes oophages

Les palmiers, plantes ornementales historiques du paysage urbain en région méditerranéenne, sont menacés par deux insectes, le charançon Rhynchophorus ferrugineus (Olivier 1790) introduit en 1995 et le papillon du palmier, Paysandisia archon (Burmeister 1880) (Lepidoptera : Castniidae) arrivé en 2001 (OEPP, 2008). Ce dernier a été accidentellement introduit, via des importations de palmiers (Plante&Cité, 2014), dans la région méditerranéenne, en provenance d’Amérique du Sud où il n’est pas un ravageur menaçant les palmiers. Les larves de ce papillon s’attaquent à différentes espèces de palmiers (22 appartenant à 10 genres) dont Chamaerops humilis, Trachycarpus fortunei, Phoenix canariensis, Phoenix dactylifera ou Washingtonia filifera. Les dégâts sont difficilement détectables avant plusieurs mois après la ponte des premiers œufs ; ce qui favorise la dissémination du ravageur par le transport de plantes infestées. Généralement, quand les symptômes sont visibles, ils sont très prononcés et sont suivis du déclin général de l’arbre puis de sa mort (OEPP, 2008). Or, ces plantes rendent de nombreux services paysager, touristique et environnemental et permettent de faire vivre de nombreux professionnels (OEPP, 2008).

 

Les coûts de traitement, d’abattage et de remplacement des arbres qui meurent sont considérables. De plus, les palmiers de France métropolitaine étant majoritairement implantés en ville, le traitement avec des insecticides chimiques est difficilement réalisable. A ce jour, différentes méthodes alternatives de contrôle ont été mises en place afin de contrôler P. archon comme le contrôle mécanique (filet, glu) ou le contrôle biologique par des entomopathogènes (champignons, nématodes). Cependant, ces méthodes alternatives sont coûteuses et difficiles à mettre en place. C’est pourquoi, il est nécessaire de trouver une stratégie complémentaire, efficace et réalisable, susceptible de réduire la population du papillon, tout en respectant l’environnement et la santé humaine. Des ennemis naturels existent telles certaines espèces d’oiseaux ainsi que des guêpes de la famille des Ichneumonidae qui ont été signalées en Argentine. Dans ce contexte, et grâce au financement européen du projet PalmProtect, l’UEFM INRA PACA a travaillé de 2012 à 2014 avec des parasitoïdes oophages capables de pondre dans les œufs du papillon.

 En 2017, suite aux premiers essais de laboratoire et de terrain prometteurs quant à l’utilisation de parasitoïdes d’œufs de P. archon, l’UEFM s’associe avec la ville de Marseille et plusieurs partenaires (Sauvons Nos Palmiers, les jardins de la Riviera) pour engager un processus de régulation alternatif du papillon palmivore, Paysandisia archon Burmeister. Celui-ci utilisera des parasitoïdes indigènes d’œufs. A terme, le développement d’une lutte biologique à grande échelle sera envisagée en intégrant les techniques de lutte actuellement disponibles visant les autres stades du ravageur (larves, adultes, chrysalides), afin d’obtenir les meilleurs résultats. Outre ces aspects techniques et scientifiques, une attention toute particulière sera portée à la divulgation des résultats. En effet, l’appropriation des solutions mises en place reste l’objectif final tant par les bio-fabriques qui se chargeront de la production de masse des parasitoïdes que des utilisateurs finaux privés et publics.

 

AGIIR

En parallèle, l’application nomade AGIIR (Alerter et Gérer les Insectes Invasifs ou Ravageurs) dédiée aux insectes introduits et aux espèces invasives, sera mise à jour de façon à intégrer un nouveau module sur ce ravageur du palmier. L’objectif est de créer une alerte de présence géoréférencée grâce à une prise de photo sur smartphone. La photo peut concerner l’adulte, les larves, les œufs et les dégâts sur palmier. L’information nouvellement saisie sera automatiquement pointée sur une carte mise à jour. La dernière version de la carte est toujours disponible sur l’application. Ainsi, ce signalement citoyen permet de connaître les nouveaux foyers d’attaque de P. archon via cette application. L’utilisateur pourra ainsi identifier le ravageur et mieux connaître sa biologie, son cycle de vie et les moyens de lutte actuellement disponibles.

 Appel aux bonnes volontés : Participez à sauver les palmiers en nous signalant des attaques ou en nous fournissant du matériel biologique ! Nous sommes intéressés par des œufs de Paysandisia archon pour rechercher des parasitoïdes oophages indigènes. Nous sommes prêts aussi à nous déplacer jusque chez vous pour en récupérer sur têtes de palmiers fortement. Vous trouverez ci-joint un protocole pour les collectes d'œufs. Nous vous remercions par avance pour toute aide apportée !

Pour nous contacter : elisabeth.tabone@inra.fr / 04.97.21.25.14