En naviguant sur notre site vous acceptez l'installation et l'utilisation des cookies sur votre ordinateur. En savoir +

Menu Logo Principal

Plantes et Système de cultures Horticoles

Plantes et Systèmes de culture Horticoles

Comprendre la structure des réseaux trophiques autour des ravageurs et les impacts des auxiliaires sur les taux de prédation et de parasitisme.

Les interactions auxiliaires-ravageurs et le parasitisme ou la prédation des ravageurs qui en résultent sont au cœur du contrôle biologique par conservation. Nous renforçons  ce volet de nos travaux grâce à des développements méthodologiques, notamment par la mise au point d’amorces PCR spécifiques  des principales espèces ravageurs du pommier (tordeuses, pucerons, anthonome, hoplocampe) afin de pouvoir les détecter dans le contenu stomacal des prédateurs potentiels. Nous avons également développé des amorces spécifiques des principaux auxiliaires prédateurs ou parasitoïdes de ces ravageurs.

Syrphelarve pour axe 3

larve de syrphe dans une colonie de pucerons

Nos travaux sur le parasitisme des larves de carpocapse ont montré que les larves sont majoritairement attaquées par un parasitoïde ovo-larvaire spécialiste des tortricidae Ascogaster quadridentata (Braconidae) répandu dans toute l’Europe (50 à 90% des parasitoïdes de la communauté en vergers non traités). Un deuxième parasitoïde (Pristomerus vulnerator, Ichneumonidae), plus généraliste, est présent plus rarement notamment en France méridionale (5 à 15% de la communauté). Enfin, Perilampus tristis (Perilampidae) est la troisième espèce présente dans les larves. La détection moléculaire des parasitoïdes dans leur larve hôte nous a permis de montrer que P. tristis serait une espèce presque exclusivement hyperparasitoide (à 98%), se développant à la fois au dépend d’A. quadridentata et de P. vulnerator. Ces espèces sont présentes sur l’ensemble des générations du carpocapse en cours de saison en verger non traité. Le parasitisme est faible dans les vergers de pommiers commerciaux en agriculture biologique (env. 5%) et conventionnels (env. 2 %), et ce d’autant plus qu’ils sont entourés de vergers eux-mêmes conventionnels.

Les larves diapausantes de carpocapse sont la proie de carabes et d’araignées du sol à l’automne. Les pucerons, notamment le puceron cendré, sont la proie d’araignées de la frondaison au printemps. La liste des arthropodes prédateurs du puceron cendré et du carpocapse dans les vergers est de fait assez large (au moins 10 familles de prédateurs identifiés par PCR). Un avantage des prédateurs généralistes tels que les araignées est qu’ils peuvent être présents tôt en saison et donc contrôler le ravageur avant qu’il ne devienne fréquent. En revanche ils sont susceptibles d’effectuer une prédation intra-guilde nuisible, in fine, au contrôle du ravageur. Les analyses PCR de contenus stomacaux ou les observations en boite de Pétri permettent d’étudier la communauté prédatrice des ravageurs mais ne donnent pas directement accès à leur impact sur les ravageurs. Nous les combinons donc avec deux autres approches. La première, est celle de l’exposition de proies sentinelles permettant de mesurer des taux de prédations potentiels. L’utilisation d’œufs de carpocapse comme proies sentinelles a montré le rôle important des pratiques phytosanitaire des agriculteurs dans les parcelles cibles et leurs parcelles environnantes sur la prédation avec des taux de prédation variant de 18% à 63% selon les situations en août, ainsi qu’un effet négatif inattendu d’un fort enherbement des vergers (non traités). Dans une seconde approche, applicable quand il est possible d’estimer finement les populations de ravageurs et d’auxiliaires, nous avons cherché à corréler leur abondance avec celle d’auxiliaires. Par des suivis en vergers de pommiers commerciaux, nous avons ainsi montré que la présence d’auxiliaires, de manière générale, réduit la croissance des colonies de pucerons installées. Plus tôt en saison, les araignées de la frondaison (en particulier celles du genre Philodromus) sont susceptibles de réduire le nombre de colonies de pucerons en vergers biologiques ou non traités. Cependant les araignées sont aussi prédatrices d’auxiliaires tels que les larves de syrphes, y compris en présence de pucerons, ce qui nuirait à leur efficacité plus tard en saison.